Alien - settembre 05
| La
santé au Burkina > |
| La direction provinciale de l'Action sociale et de
la Solidarité nationale du Yatenga et la Brigade de recherche de
la gendarmerie de Ouahigouya viennent de frapper un coup en mettant la
main sur une exciseuse récidiviste notoire et recherche toujours
une deuxième qui est en cavale. Au total, 8 filles ont été
mutilées. Tout serait parti, d'abord le 22 août dernier, d'un coup de fil anonyme attirant l'attention de la direction provinciale de l'Action sociale et de la Solidarité nationale du Yatenga, d'une fille de 7 à 8 ans qui venait d'être excisée au secteur n°12 de Ouahigouya. La gendarmerie qui a été saisie par l'Action sociale s'est dépêchée sur les lieux indiqués.Après avoir auditionné l'exciseuse du nom de Kadisso Ouédraogo , une résidante du secteur n°11 de Ouahigouya, elle reconnaîtra le fait à elle reproché. C'est ainsi que la gendarmerie a procédé à son arrestation suivie de son transfert à la Maison d'arrêt et de correction de Ouahigouya (MACO) en attendant le jour de son jugement. Selon des témoignages recueillis dans son secteur, l'exciseuse serait une récidiviste notoire car on parle de sa 3e arrestation. Quant au second cas, l'excision s'est déroulée le 25 août 2005, soit 3 jours après le premier acte. Mais cette fois-ci, c'est à Bissiguin, une localité située à 7 km de Ouahigouya, que d'autres filles ont été mutilées dont la plus jeune a 2 ans et la plus âgée 14 ans. Parmi les 7 filles excisées, 4 sont des élèves : deux du cours élémentaire et les deux autres du cours moyen élémentaire. Quand la gendarmerie s'est rendue sur les lieux accompagnée de quelques éléments de l'Action sociale, les femmes avec la complicité de leur entourage avaient trouvé l'astuce pour échapper à la gendarmerie en cachant les 6 filles sous des aliments pour bétail et la 7e qui n'a que deux (2) ans, enfermée dans une maisonnette. Il a fallu passer à des intimidations pour que les femmes acceptent
dire où se trouvent les enfants mais en refusant catégoriquement
de dénoncer l'exciseuse. La remarque ou la leçon à tirer est la suivante: les femmes attendent la saison pluvieuse et les vacances pour exciser les filles. Pourquoi ne pas intensifier la sensibilisation en ces périodes. Pour ces cas malheureux, la presse n'a pas été impliquée et pourtant, Dieu seul sait combien elle a contribué à réduire le taux des excisions. C'est après les interpellations que de bonnes volontés ont voulu nous filer l'information, mais pas les responsables de l'Action sociale qui ont voulu le silence absolu et coupable.
Jean-Victor OUEDRAOGO |
Alien
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